Génèse

On 16/05/2016, in , by Tsionhebb

Chaque peuple a sa propre façon de transcrire l’histoire de la création du monde, des étoiles, de la terre, de ses dieux, idoles ou symboles. Parmi d’innombrables, en voici quelques-unes, en commençant par la version retenue par Turquine de Slenath, issue de la sagesse millénaire de son peuple.

La vision des Elfes

Au tout début

« A l’époque où les eaux étaient moins profondes et Gaïa était encore jeune, il n’existait qu’une poignée de formes de vie, tout au moins les désignerait-on ainsi aujourd’hui. Ces formes constituaient un embryon d’identité pour ceux qui furent nos ancêtres. Ils évoluèrent, éon après éon, jusqu’à ce que les fils de leurs fils se fassent appeler les Seigneurs de la Vie et se dirigent chacun vers une des terres comme autant de pointes d’une étoile vierge. »

Les Fils de l’Unique

« Il est impossible de conter de façon crédible les exploits dont ces entités plus ou moins distinctes étaient capables. Leurs possibilités et même leur aspect physique étaient très différents des nôtres. A titre de comparaison, imaginez qu’il y a bien moins d’écart entre eux et nous qu’entre nous et nos animaux sauvages. S’ils existaient encore aujourd’hui, nous les confondrions certainement avec des dieux et c’est sans doute pour cela qu’ils ont cessé d’être des nôtres.

Les Fils de l’Unique étaient des êtres d’une rare beauté et d’une extrême subtilité, presque translucides. Leurs capacités physiques et psychiques se mêlaient allègrement sans même qu’ils en soient conscients. Leur grande sensibilité leur permettait de jouer de toutes les subtilités des puissances naturelles qu’ils dirigeaient par leur merveilleuse complicité avec leurs lois occultes de la Nature. Mais progressivement, le monde s’enfonça dans la Matière. La race des Fils de l’Unique s’effaça lentement de la surface du monde et ne subsistent plus aujourd’hui que dans le cœur des Elfes. »

Les Frères de la Force

« Les Frères de la Force leur succédèrent lentement, génération après génération. Ils étaient extrêmement puissants, massifs et lents. Leur corps, d’une densité extraordinaire, ne craignait pas les blessures qui réduiraient en miettes le plus redoutable des guerriers d’aujourd’hui. Ils étaient capables d’efforts physiques leur permettant de modeler des collines entières en quelques heures. Ils subsistent encore parmi les races des Nains mais aussi des Géants et des Cyclopes.

Ces deux intelligences vivaient en bon termes, leurs territoires étaient vastes. Les Fils de l’Unique complémentaient merveilleusement les Frères de la Force. »

L’Âge de l’Homme

« Or, vint un temps où l’Elfe naquit dans leur Esprit. Ces êtres, qui vivaient en parfaite harmonie, prirent conscience de leur existence et distinguèrent avec de plus en plus d’acuité leur volonté propre de la volonté commune à laquelle ils étaient jusqu’à maintenant parfaitement associés. L’un des leurs, plus avancé que les autres, leur apporta la réalisation de leur condition. Ce fût l’âge de l’Initiation : ils reçurent le Don d’Individualité. Les Elfes se multiplièrent, se donnèrent des dirigeants et s’attribuèrent des titres pour se distinguer. Les plus avancés des Frères de la Force et les Fils de l’Unique devinrent leurs rois ou leurs prêtres, ceux qui avaient depuis longtemps acquis la Conscience d’Être. »

« Les guerres devinrent la principale occupation des Elfes et des Nains : ils y passaient le plus clair de leur temps, si bien qu’après des siècles, un jour arriva où il ne resta plus que deux royaumes majeurs qui se partageaient le monde. C’est ce moment que choisit un jeune Elfe qui avait longtemps connu les batailles et les aventures et avait également côtoyé des Fils de l’Unique, pour imposer des idées nouvelles. Ce prince mit sur pied une faction inédite, libre de toute allégeance hormis la sienne. Sans doute pensait-il que le meilleur moyen de conduire les Elfes dans le chemin était de combattre le mal par le mal, le feu par le feu, et de provoquer un choc salutaire. »

La Fondation de l’Empire Suel

« Les premiers sages issus de la Terre et du Ciel usèrent de leur Magie et le jeune Seigneur fut Trois, et Deux de ceux-ci gagnèrent la confiance de chacun des rois, Elfes et Nains, héritiers des Fils de l’Unique et des Fils de la Force. Deux les jetèrent les uns contre les autres dans la plus fabuleuse bataille que le monde ait connu. Si nombreux furent les morts que les Divinités elles-mêmes n’arrivaient plus à compter ces âmes indistinctes qui s’étendaient en rangs innombrables à l’approche des portes du royaume des morts. Suivit l’époque de la Grande Nuit. »

« Ce seigneur de la guerre avait jeté le monde dans un chaos profond qui dura une décennie. Le soleil ne brilla plus et n’éclaira plus le sol. Les Nains s’enfouirent profondément et disparurent tout à fait. Les énergies en ébullition préparaient leur retour dans le secret de la nuit. Quand la lumière perça enfin, Gaïa était méconnaissable ; les rares survivants ne savaient plus à qui se fier. Mais du Chaos naquit l’Ordre et le Trois redevint Un après avoir anéanti une civilisation entière. Le seigneur réunifié, l’Unique, ou encore « Le Suel », régna en maître incontesté pendant des siècles sur la quasi-totalité des terres émergées. Gaïa connut un temps de paix. »

« Advint un autre temps, une autre ère, et un jour où l’Empire Suel lui-même connut une fin, de nombreux siècles et millénaires après sa fondation. L’Empire, après sa formidable expansion, eut à vivre sa propre évolution, son propre automne et son propre hiver. Certains situent là les premières expériences et les premiers pas vers la découverte des arcanes interdites de la Magie. »

La Chute de l’Empire Suel

« Loi et Chaos s’affrontèrent, de nouvelles formes de vie s’épanouirent et réclamèrent le droit de se développer à leur tour. Les hommes se répandirent à la surface des terres. A la suite de faits inénarrables, ces Forces nouvelles, pressentant leur défaite sur le terrain des armes, s’en remirent entièrement à cette source de pouvoir qui venait de révéler à elles : Les continents tremblèrent et les Dieux en furent si effrayés qu’ils jurèrent bien de ne plus se mêler directement des intrigues des affaires des hommes. A la suite d’un cataclysme plus grand encore, une partie des terres se trouva immergée, une autre brûlée jusqu’au socle rocheux, une autre se trouva couverte de montagnes infranchissables, et la dernière fut balayée par des vents qui déchirèrent la surface de la terre et la couvrit de glace. Le Monde avait basculé. »

« Un pacte solennel fut conclu entre les Dieux qui promirent qu’en plus de ne plus intervenir, et de ne plus jamais accorder à leurs serviteurs une puissance aussi grande et que si ces derniers voulaient acquérir ces pouvoirs interdits, ils devraient le faire seuls. Certains sages de renom situent à cette époque le grand schisme entre prêtres et magiciens. »

L’Avènement des Jeunes Royaumes

L’Empire Suel n’avait pas résisté à cette attaque et chacune des colonies qu’il avait fondé conquis son indépendance et se développa selon son entendement et sa race. Le nombre de colonies n’est pas connu avec précision : ce nombre varie entre trois et quarante, en passant par sept et douze ! Il faut peut-être voir une part de vérité dans chacun de ces chiffres qui possèdent tous une symbolique hors du commun. S’agit-il des trois principales terres émergées, des sept races principales (humains, elfes, nains, orcs, gnomes, hobbits et dragons), des douze clans conquérants de certains mythes de l’Oerth oriental, des quarante Frères et Sœurs Pionniers de l’Age de la Multitude ? »

La version des Humains

Là s’arrête le récit elfique, mais d’autres textes racontent d’autres faits, d’autres conquêtes et d’autres victoires, tel que celui de Talalenn de Sigareth:

« Par la suite, entre l’époque où les eaux engloutirent l’Empire Suel et l’avènement du règne glorieux des fils de R.O.M., il y eut une période de l’Histoire très peu connue et fort troublée, qui vit le développement et l’épanouissement des Jeunes Royaumes. On appelle cette période l’Ère Nouvelle. Les Jeunes Royaumes, disséminés aux quatre vents, prenaient de l’ampleur et affirmaient leur autorité. Parmi ceux-ci, Skanvie, Terre d’Angle, mais aussi Velgaria, Orrwall, Laelith, Dyrond, Al’Kemia, les Terres d’Alvarra et enfin Baarlunys, qui, d’après de grands érudits dignes de foi, aurait été le siège de l’ultime congrégation d’arcanistes qui eurent raison de l’Empire Suel. »

« R.O.M, la grande République des Mondes, fille héritière de l’Empire, connut alors la soif des grands espaces et voulut étendre sa domination vers tous ses voisins pour retrouver la gloire de ses pères ancestraux dont ils se proclamaient les héritiers et fils ainés. »

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